• Imposture sans frontières !

     
     
    Mardi 27 novembre 2007

     

     

    BALCON-CHIEN-copie-1.jpg Bonjour,

    Je récidive sur la désinformation, en trouvant dans ma boîte à lettres un article sur Reporters sans Frontières. Et je double votre plaisir, en vous en fournissant un second, pour le même prix.

    Le P.S. s'est enfin réveillé, et a proposé des mesures fort intéressantes sur lesquelles, bien sûr, FR2 s'est empressé de faire silence, ou plus exactement ne s'est pas étendu (une phrase vite expédiée). Il ne s'agit pas de faire de la propagande pour les adversaires de Sarkozy ! On ne parle de la Gauche que quand ça ne va pas. Là, la télévision se délecte. Par contre, jamais un mot sur les bévues du Président ou sur ses crises de colère  tournées en dérision à l'étranger. Et ne vous attendez pas à ce qu'on laisse passer une critique  à l'égard de Sarkozy ! Pas touche au Pésident, comme je vous le disais dans mon dernier article. Et du coup, même une émission divertissante comme les Guignols de l'Info doit réfréner ses ardeurs satiriques contre le Dieu Sarkozy. On tape sur tout le monde, mais pas sur le maître ; ainsi en a décidé le Diktator hongro-américain. On se croirait dans une vulgaire République bananière, ou dans l' Italie de Berlusconi. 

    Et pendant ce temps, que fait le Secrétaire Général inamovible de Reporters Sans Frontières, M. Ménard ? Il ferraille contre le Venezuela, sa nouvelle bête noire après Cuba. En lisant les deux articles que j'ai joints, vous en saurez un peu plus sur Monsieur Journalisme Propre, sur ce personnage chargé de signaler toutes les atteintes à la liberté de la presse. 




    « La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux faucons du Pentagone) »

    dimanche 2 décembre 2007, par Communiqué de presse



    voir http://oulala.net



    Avec Reporters Sans Frontières, c'est deux poids, deux mesures : On attaque un pays comme le Vénézuela où le Président tolère les pires insanités contre lui, et on s'aplatit devant un pays comme la France, où l'on bafoue les règles élémentaires de déontologie. Reporters Sans rontières n'est qu'une imposture de plus - une imposture sans Frontières ! Il est temps de dénoncer la supercherie. 

    Je rédige vite fait un autre article, dans la foulée. Car la guerre approche, et il faut se mobiliser contre cette folie ! Lançons l'anathème contre Bush et les apprentis-sorciers Olmert, Sarkozy, Kouchner ! Voilà, la vraie racaille ! A vos plumes, Internautes, et à nos manifestations !

    A très bientôt, votre Eva, toujours aussi combative. 


    TAGS : M. Ménard, reporters sans rontières, Bush, Olmert, Sarkozy, Kouchner, médias, Cuba, Venezuela, Chavez, Iran, Italie, Berlusconi ....


    L'UNESCO retire son soutien à Reporters Sans frontières, accusé d'être partial et manipulé !

    http://www.verites.org/article-17729685.html


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    Samedi 24 novembre 2007
    par L' Aviseur C(VousO(vous trouverez l'AviseurMMUNIQUES - MEDIAS ajouter un commentaire
    Maxime Vivas  :  LA  FACE  CACHEE  DE  REPORTERS  SANS  FRONTIERES  
     
    La devise de Reporters sans frontières est simple. « Nous défendons le droit d’expression des journalistes». Le public comprend : «notre droit à l’information». Ici commence un quiproquo majeur.
     
    Liberté de la presse, des journalistes et devoir d’informer.
    Préambule du livre La Face cachée de Reporters sans Frontières
    En librairie le 23 novembre 2007.


    RSF ne prétend pas lutter pour le droit du public à bénéficier d’une information vraie. Le lecteur a peu à voir dans cette affaire. Le centre du combat, c’est le journaliste. Il faut qu’il ait le droit de publier ses articles. N’importe lesquels, quitte à raviver la douleur des victimes d’un génocide. Dans un débat au Québec devant un public nombreux, le 28 avril 2005,(1) il revendiqua le droit pour les journalistes d’écrire des articles « révisionnistes et négationnistes ».

    Au cours d’une intervention prononcée le 8 novembre 2002 lors d’un colloque à l'Université de la paix et au Centre mondial de la paix de Verdun, André Lewin, ancien ambassadeur de France, ancien porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, s’est étonné du contenu du livre de Robert Ménard « La censure des bien-pensants» (écrit avec son épouse, Emmanuelle Duverger) : « Pour Robert Ménard, après réflexion, l'appel au génocide[ici au Rwuanda] ne peut servir d'argument à quelque censure que ce soit, du moment qu'il émane d'un journaliste, car ce serait selon lui l'expression d'une opinion. D'ailleurs, en toute logique, Robert Ménard écrit ensuite que Faurisson, l'universitaire négationniste bien connu, a le droit de prétendre que l'holocauste n'a pas pu exister et donc n'a pas eu lieu, il a le droit de l'écrire et même de l'enseigner à ses étudiants. Cette « dénégation» d'un fait avéré n'est en réalité pas une opinion, mais un mensonge. Et pour Robert Ménard, finalement un mensonge une fois imprimé n'est plus tout à fait un mensonge, puisqu'il a acquis en quelque sorte droit de cité.»(2)
    Ce n’est donc pas la vérité qui est au cœur du combat de Robert Ménard.

    Le bourrage de crâne de la population états-unienne par des médias surabondants (les USA comptent 1.700 quotidiens, 11.000 stations de radio, 2.000 chaînes de télévision et 11.500 magazines) alertant à l’unisson sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein ne lui inspira pas une campagne de presse (…).
    Ce qui émeut RSF, ce n’est pas le licenciement des journalistes exempts de faute professionnelle mais cependant victimes d’une restructuration par les magnats de la presse, princes de l’industrie et de la finance, ni le fait que ces patrons disposent du droit (dont ils usent plus ou moins délicatement) de dicter une ligne éditoriale à des journaux prétendus objectifs.
    Non, ce que veut RSF c’est que partout, toujours, les journalistes qui contestent un pouvoir populaire aient les mêmes débouchés pour le même discours (et qu’importe s’il véhicule des mensonges) que ceux qui soutiennent, en groupe serré, les pouvoirs au service des oligarchies. Ainsi l’unanimisme médiatique fera-t-il un grand pas en avant, grimé en pluralité.
    Quand la presse pauvre des pays riches, la voix des citoyens les moins favorisés, sera absorbée par les banques, on ne recueillera pas dans l’oreille le moindre soupir de RSF. Quand la presse pauvre des pays pauvres, celle qui rend compte d’une politique d’indépendance et de récupération pour tous des richesses nationales, affronte en un combat inégal une presse riche, militante et phagocytaire, RSF s’inquiète des entraves législatives qui freineraient cette dernière dans sa marche gloutonne. Quand la presse des pays envahis est soumise aux diktats des militaires étrangers, RSF parle de liberté retrouvée.
    Dans chacun de ces cas, la pensée unique triomphe, masquée par une pléthore de titres véhiculant le même credo. C’est la loi du plus fort, c’est celle de l’Empire qui se proclame emblématique de la démocratie, tandis que les cris du faible sont dénoncés comme dictatoriaux.
    Qu’importe le contenu, dit en substance RSF, parlons du droit des contenants.

    Or, la dissociation du droit de dire et du devoir de ne pas mentir est une escroquerie intellectuelle et une atteinte à la démocratie. L’absence d’analyse des répercussions de la mainmise de l’argent sur la presse en est une autre. Clamer que le journaliste doit pouvoir écrire sans ajouter que le lecteur a le droit de savoir, c’est mépriser ce dernier. Rechigner à désavouer les trucages, les impostures, les mystifications, les falsifications, c’est décrédibiliser toute la corporation. Agir comme si le journalisme était une profession à part, plus qu’un autre intouchable, c’est fabriquer un clan, c’est le désigner comme mafia(3). Exalter les réflexes de solidarité corporatiste dès qu’un organe de presse est mis en cause, c’est afficher que ce pouvoir-là ne supporte pas un contrepouvoir. Poser en principe que la possession d’une carte de presse, l’accès à un micro, confèrent un droit au monologue est révélateur d’un penchant autocratique.

    Oui, la liberté d’écrire des contrevérités ou des vérités partielles, de façonner l’opinion par les choix de thèmes arbitrairement priorisés, d’en occulter d’autres, de ne pas rendre de comptes, cette liberté-là est liberticide.
    L’affirmation selon laquelle la démocratie fleurit là où paraît une presse nombreuse est aussi une duperie. Non ! La démocratie est là où la presse dit vrai. Mille journaux qui mentent valent moins qu’une pauvre feuille de chou qui rapporte les faits réels. Quand le secrétaire général de RSF explique : « J’ai 52 ans, je suis de la génération d’après mai 68, et j’ai toujours pensé que le journalisme était une manière, pas seulement de commenter le monde, mais de le changer. »(4), il nous dit tout de go que le travail d’un journaliste consiste à donner son avis et à intervenir politiquement. Il évacue son premier travail : apporter de l’information, vérifiée, sincère, objective, aussi complète que possible.

    Oublier que les lecteurs ont connu les mêmes écoles que les journalistes (et parfois plus longtemps), ont eu les mêmes maîtres et se sont construits à la lecture des mêmes penseurs, c’est accorder indûment aux seconds une supériorité intellectuelle qui résiste rarement à la confrontation entre le producteur de copies et le consommateur.
    Soutenir que l’Etat ne doit pas intervenir (légiférer) dans le domaine de la presse, c’est accorder un pouvoir sans partage aux puissances d’argent, ouvrir un boulevard à tous les bonimenteurs sans vergogne, encourager à toutes les surenchères racoleuses, à toutes les manipulations, à tous les complots, à tous les putschs, c’est dérouler les barbelés de la propagande camouflés sous le duvet de l’information.
    Pour que la presse fasse son travail, que les journalistes soient respectés, que le lecteur puisse lire, écouter, visionner en confiance, il faut des médias dont le rôle, les droits et les devoirs sont cadrés par la loi, des journalistes dont la hiérarchie est du métier et non de la finance ; il faut des conditions favorables à une minimum d’indépendance sans laquelle il n’y a pas de déontologie autre que proclamée, c’est-à-dire un supra mensonge qui couronne tous les autres en essayant de les nier.

    […] Si le grand public connaît les noms des syndicats des autres salariés, des étudiants et du patronat, si chacun sait ce que recouvrent les sigles CGT, UNEF, MEDEF, qui peut dire comment les journalistes sont organisés, qui a entendu une déclaration d’un de leurs syndicats quand un grand reporter est enlevé ou tué ou licencié, ou contraint par l’actionnaire principal de jeter son papier dans la corbeille ? Un usurpateur s’est substitué à eux, un coucou a pondu un œuf dans leur nid, un intrus y est né, y a grossi démesurément. Il s’appelle Reporters sans frontières, aberration génétique dont le bec s’ouvre sur un estomac insatiable qui engloutit argent des contribuables français et européens, dons de richissimes sponsors privés, contributions d’anonymes compatissants et, plus discrètement, les billets verts de l’Oncle Sam qui n’a jamais confondu organisation humanitaire et relais médiatique de sa politique guerrière. Parce que Reporters sans frontières ne répugne pas à propager des fausses nouvelles utiles à l’Empire, parce qu’elle s’évertue à minimiser les crimes de l’US Army contre les grands reporters, parce qu’elle revendique son mutisme sur les effets pervers de la concentration de la presse dans les mains des puissances financières, parce qu’elle dirige l’essentiel de ses tirs idéologiques sur les plus faibles, elle n’aide ni ne protège les journalistes, elle participe à la déconsidération dont ils souffrent. Elle les met en danger.
    C’est ce qui sera démontré [en 36 chapitres et 272 pages] dans les pages qui suivent.

    Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d’Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d’articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.
    http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-11-19 
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    Reporters sans frontières contre Hugo Chávez
     

    http://mondialisation.ca , Le 22 novembre 2007
     

     
     

    Profitant de la visite en France du président vénézuelien Hugo Chávez le 19 et le 20 novembre 2007, Reporters sans frontières (RSF) a rendu public une lettre adressée au président français Nicolas Sarkozy dans laquelle elle dénonce « certaines dérives graves de son régime [et] son comportement sur la scène internationale ». L’organisation parisienne, qui adopte dès le départ une position politique en se référant à un gouvernement démocratiquement élu à trois reprises en utilisant le terme péjoratif et stigmatisant de « régime », poursuit ainsi sa campagne de désinformation qu’elle mène contre le Venezuela (1).

    Le président Hugo Chavez avec le président français, Nicolas Sarkozy
    source de la photo:  © Reuters

     

    « Rarement chef d’État élu aura posé autant d’obstacles à la liberté d’expression sous son mandat », assène Robert Ménard, le secrétaire général de l’association depuis 22 ans. « Le président Chávez [a fait] taire toute voix critique ou dissidente, [et a éliminé] […] progressivement toute forme de contre-pouvoir, en particulier celui de la presse (2) ». Ainsi, selon RSF, il n’existerait plus aucune liberté d’expression au Venezuela et l’opposition n’aurait plus aucun moyen d’exprimer son désaccord avec la politique gouvernementale.

     

    Il existe un moyen relativement simple pour vérifier la véracité des propos tenus par l’entité française de « défense de la liberté de la presse ». Il suffit de jeter un œil à la presse vénézuelienne et d’évaluer la place réservée à la critique contre Chávez et sa politique. Le quotidien El Universal estime que la réforme constitutionnelle qui sera soumise à un référendum populaire le 2 décembre 2007 présente plusieurs « zones de danger pour la liberté de la presse » et n’hésite pas à qualifier le gouvernement bolivarien de « régime […] totalitaire (3) ».

     

    Ce même journal accuse Chávez de faire fuir les investisseurs étrangers, souligne « le risque d’investir au Venezuela » à cause des politiques gouvernementales (4), publie une longue interview de Julio Borges, coordinateur national du parti d’opposition Primero Justicia qui affirme que « Chávez veut mettre une muselière au pays […] incompatible avec la culture de liberté du Vénézuelien (5) », affirme que le projet bolivarien « a échoué (6) », accuse le gouvernement de répression et de violation de « l’autonomie de[s] université[s] (7) », fustige Chávez pour son « immoralité (8) », se fait l’écho d’une campagne visant à mettre en examen le président du pays pour « délits de conspiration contre le système républicain et usurpation de fonctions (9) », et divulgue la lettre ouverte de Robert Ménard à Nicolas Sarkozy (10). Tout cela uniquement pour l’édition du 20 novembre 2007.

     

    Pour sa part, El Nacional accuse les autorités de réprimer les étudiants (11), offre généreusement une tribune aux opposants de la réforme constitutionnelle (12) et évoque des soupçons de fraudes censées survenir lors du référendum de décembre 2007 (13). Dans ses éditions du 19 et 20 novembre 2007, le journal Tal Cual dénonce les atteintes à la « liberté d’expression (14) », vilipende virulemment la réforme (15) – qui romprait « le fil constitutionnel (16) » – qu’elle qualifie de « coup d’Etat (17)  », appelle à « voter non pour préserver la démocratie (18) », et accuse Chávez de « jouer au héros » dans l’affaire des otages colombiens (19). Il fustige également « l’alliance dangereuse » entre le Venezuela et l’Iran (20).

     

    De son côté, El Mundo stigmatise la violence des autorités (21), dénonce l’inflation dont serait responsable le gouvernement (22), affirme que la réforme représente un danger pour les Vénézueliens (23) et condamne le rapprochement avec l’Iran (24). Le journal El Tiempo dénonce la pénurie de certains produits alimentaires (25) ainsi que l’insalubrité régnante dans certaines zones du pays (26). La chaîne de télévision Globovisión accuse le gouvernement de répression policière (27) et certifie que la réforme est une « atteinte à la liberté d’expression », citant la Société interaméricaine de presse (28). La chaîne de télévision Venevisión a pour sa part exhorté au rejet du projet constitutionnel contraire aux « valeurs démocratiques », retranscrivant les propos tenus par le syndicat patronal Fedecámaras (29), et qui serait sûrement entaché de « fraude (30) ».

     

    Ce rapide panorama de la presse vénézuelienne, qui ne concerne que les éditions du 19 et 20 novembre 2007, démontre à quel point les propos tenus par Robert Ménard ne sont que pure désinformation et sont complètement déconnectés de la réalité médiatique vénézuelienne. L’immense majorité de la presse privée du pays, qui représente 80% des médias, est d’une virulence extrême – souvent à la limite du fanatisme – à l’encontre du président Chávez. Accuser ce dernier de constituer un obstacle à la « liberté d’expression » frise le ridicule. Tout spécialiste de la réalité vénézuelienne digne de ce nom peut attester de la liberté de ton dont font preuve les médias – liberté de ton qui serait inacceptable dans la « patrie des droits de l’homme » qu’est la France (Il est ironique de voir que Robert Ménard s’adresse à Nicolas Sarkozy, dont la mainmise sur les médias français est stupéfiante, pour protéger la liberté d’expression). Toute analyse empirique, même superficielle, débouche sur cette conclusion. Par conséquent, RSF n’est pas crédible dès lors qu’elle distille de telles contrevérités qui, de surcroît, sont aisément récusables.

     

    RSF affirme également que « RCTV, la plus populaire et la plus ancienne des chaînes de télévision du pays, a été exclue du réseau hertzien sur ordre d’Hugo Chávez, contre l’avis même d’une large partie de ses propres soutiens et au mépris de toute jurisprudence interaméricaine (31) ». Ici, le mensonge est monumental. Tout d’abord, RCTV est une chaîne qui avait ouvertement soutenu le coup d’Etat contre le président Chávez en avril 2002 – détail qui semble négligeable pour RSF qui ne daigne pas le rappeler – sans pour autant en subir les conséquences (il est inutile de se demander ce qui serait arrivé à une chaîne française qui aurait soutenu un coup d’Etat contre Nicolas Sarkozy). De plus, il s’agit de la chaîne qui a été la plus sanctionnée dans l’histoire du Venezuela pour violations de la loi (une seule fois sous Chávez) (32). Enfin, RCTV n’a aucunement été exclue du réseau hertzien sur « ordre d’Hugo Chávez ». La concession de la chaîne est arrivée à son terme le 28 mai 2007 et la Commission nationale des télécommunications du Venezuela – et non Chávez – a décidé, au vu des antécédents de RCTV, de ne point la renouveler afin de laisser l’espace hertzien à une autre chaîne, en parfait accord avec la législation du pays (33).

     

    Par ailleurs, contrairement à ce qu’avance RSF, la décision a bénéficié d’un immense soutien populaire comme l’ont montré les manifestations de plusieurs centaines de milliers de personnes du 27 mai et du 2 juin 2007 (34). De plus, le président a proposé de soumettre à un référendum populaire les décisions de renouveler ou non les concessions aux chaînes de télévision. Enfin, ce choix est en parfait accord avec l’article 156 de la Constitution vénézuelienne ainsi que l’article 108 de la Loi organique des télécommunications qui donnent au gouvernement le pouvoir de réguler l’accès à l’espace hertzien (35). Depuis sa première élection à la présidence, Chávez n’a jamais fait fermer un seul média. Depuis 1998, seuls deux médias ont cessé temporairement d’émettre. Il s’agit du Canal 8 et de Catia TV qui ont été fermés entre le 11 et le 13 avril 2002 par les putschistes dont l’action avait été saluée par RCTV.

     

    Dans le monde entier, chaque année, de nombreuses concessions ne sont pas renouvelées par les autorités compétentes, sans susciter aucune indignation de la part de RSF. L’organisation ne s’est jamais prononcée sur les cas des chaînes de télévision espagnoles TV Laciana en 2004, TV Católica en 2005 et Tele-Asturias en 2006, dont les concessions n’ont pas été renouvelées. Il en a été de même pour les chaînes britanniques One TV, Actionworld et StarDate TV 24 en 2006, et Look for Love 2 en 2007 (36).

     

    RSF dénonce également « l’ampleur du contrôle qu’exerce le chef de l’État vénézuélien sur le paysage médiatique (37) ». Il s’agit encore une fois d’un mensonge monumental. Pour la bande VHF, en 2000, il y avait 19 chaînes de télévision privées et 1 publique. En 2006, le chiffre est passé à 20 chaînes privées contre une seule chaîne publique. Depuis le 28 mai 2007, il y a 19 chaînes privées et deux chaînes publiques, Venezolana de Televisión et TVes qui remplace RCTV sur les ondes hertziennes. Pour la bande UHF, en 2000, il y avait 28 chaînes privées et deux chaînes publiques. En 2006, il y avait 44 chaînes privées et 6 publiques. Au niveau des radios, pour les ondes AM, en 2000 et 2006, il y avait 36 radios publiques contre 143 radios privées. Pour les ondes FM, il y avait 3 radios publiques contre 365 radios privées en 2000. En 2006, le chiffre est passé à 440 radios privées et 10 radios publiques (38). Ainsi, RSF trompe délibérément l’opinion publique.

     

    RSF a stigmatisé un projet de loi visant à limiter tout financement étranger d’organisations non gouvernementales. En effet, les Etats-Unis, promoteurs du coup d’Etat d’avril 2002, financent actuellement de nombreuses organisations appartenant à l’opposition. L’avocate Eva Golinguer a dévoilé les noms des personnes stipendiées par Washington. Mais pour Ménard, cette décision constitue « une véritable mise au pas de la société civile et de ses composantes (39) ». Croit-il que la France accepterait qu’une opposition déjà responsable d’un putsch soit financée par une puissance étrangère ? Le code 411-4 du code pénal français est éloquent à cet égard :

     

    « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende.

    Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou d’accomplir des actes d’agression contre la France ».

     

    Robert Ménard souligne enfin que ses « ‘offres de dialogue se sont heurtées à l’accusation, aussi grotesque qu’infondée, selon laquelle notre organisation travaillerait pour le compte du renseignement américain et chercherait à organiser un nouveau coup d’État (40)’ ». Comment peut-il en être autrement lorsque l’on sait que RSF avait soutenu le coup d’Etat d’avril 2002. Est-il besoin de rappeler la déclaration publiée par RSF le 12 avril 2002 ? :

     

    « Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un "consensus" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées (41) ».

     

    En réalité, Chávez n’a jamais « signé sa démission », mais RSF avait repris sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Pedro Carmona était le nouveau président légitime.

     

    Comment peut-il en être autrement lorsque l’on sait que RSF est financée par la National Endowment for Democracy (NED) (42) ? Qu’est-ce que la NED ? Selon le New York Times, « La National Endowment for Democracy a été créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la Central Intelligence Agency (CIA) a fait subrepticement durant des décennies. Elle dépense 30 millions de dollars par an pour appuyer des partis politiques, des syndicats, des mouvements dissidents et des médias d’information dans des dizaines de pays (43) ». D’après Allen Weinstein, qui avait contribué à faire adopter la législation donnant naissance à la NED, « beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait par la CIA il y a 25 ans de manière clandestine (44)». Ainsi, RSF reçoit des émoluments d’une officine écran de la CIA et ne peut être impartiale.

     

    Robert Ménard et son organisation ne sont pas crédibles lorsqu’ils affirment être uniquement intéressés par la « liberté de la presse ». En réalité, ils défendent un agenda politique indéniable et mènent une croisade acharnée contre le gouvernement démocratique et populaire d’Hugo Chávez. Il est temps que RSF quitte enfin son masque et dévoile au grand jour son vrai visage. 

     


     Eva : La liste est trop longue, faute de place je dois couper, je vous renvoie à l'article   -  voici néanmoins trois renvois :

     1 Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières écrit à Nicolas Sarkozy à la veille de sa rencontre avec son homologue vénézuélien, Hugo Chávez », 19 novembre 2007. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24425 (site consulté le 19 novembre 2007).

     

    41 Reporters sans frontières, « Un journaliste a été tué, trois autres ont été blessés et cinq chaînes de télévision brièvement suspendues », 12 avril 2002. www.rsf.org/article.php3?id_article=1109 (site consulté le 13 novembre 2006).

     

    42 Robert Ménard, « Forum de discussion avec Robert Ménard », Le Nouvel Observateur, 18 avril 2005. www.nouvelobs.com/forum/archives/forum_284.html (site consulté le 22 avril 2005).

     

     

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     Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).

    Notes : voir l'article sur le site, voici juste quelques références :

     Articles de Salim Lamrani publiés par Mondialisation.ca

     
     


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    Une étude qui détaille les préparatifs déjà accomplis de l'attaque nord-américaine de l'Iran. Ses auteurs, Dan Plesh et Martin Butcher, sont des spécialistes britanniques réputés en diplomatie et armements, deux termes toujours plus interchangeables. L'étude -  « Analyse d'une guerre avec l'Iran » (www.rawstory.com)- conclut que le Pentagone a planifié non seulement la destruction des installations nucléaires iraniennes mais aussi le renversement du régime, l'anéantissement de ses forces armées et de son infrastructure économique. Il s'agit de transformer l'Iran en un « État faible ou en banqueroute », pour le reconstruire en démocratie.  Pareil que pour l'Irak. !

     


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